A 97 ans, Line Renaud sans détour sur sa fin de vie : la promesse secrète de Macron qui va faire changer la loi sur l'euthanasie

A 97 ans, Line Renaud parle de sa mort comme d’un sujet concret, sans tabou, aucun. Depuis des années, la comédienne a fait de la fin de vie son cheval de bataille avec une certitude intime : elle ne veut ni acharnement, ni longues souffrances. Derrière cette bataille, il y a aussi une histoire très politique, presque romanesque : une promesse faite par Emmanuel Macron à l’ancienne star de music-hall, un jour de décoration à l’Élysée, qui a contribué à lancer la future loi française sur l’aide à mourir. Une phrase chuchotée qui a tout changé.
Line Renaud, 97 ans, face à sa propre fin de vie
Invitée régulièrement à la télévision, l’actrice confie se sentir "tranquille" avec son âge, tout en restant obsédée par l’idée de partir dignement. Marraine de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, elle répète depuis des années qu’elle veut pouvoir décider du moment où la vie deviendrait insupportable. Dès 2022, elle a mis la pression sur le chef de l’État. "Je souhaite que cette loi sur la fin de vie passe, et vite !", a lancé Line Renaud dans une interview au Parisien. Sur RTL, elle a assumé : "Oui, j’ai convaincu Emmanuel Macron", racontant comment leurs échanges avaient fait bouger le dossier.
Le pacte discret passé avec Emmanuel Macron à l’Élysée
Le 2 septembre 2022, l’actrice reçoit la Grand-Croix de la Légion d’honneur des mains du président. Ce jour-là, selon son récit, elle profite d’un moment en tête-à-tête pour évoquer la fin de vie et plaider une nouvelle loi. "Nous allons le faire", lui promet alors Emmanuel Macron, les yeux dans les yeux. Dans un autre souvenir rapporté par Closer, elle raconte avoir murmuré au président qu’il fallait avancer sur l’euthanasie, et qu’il lui aurait répondu "quelque chose comme ça viendra". Elle glisse aussi, à propos du couple présidentiel : "J’aime surtout Brigitte…". Quelques jours après cette séquence, l’exécutif lance la Convention citoyenne sur la fin de vie, chargée de plancher sur l’euthanasie et le suicide assisté.
Ce que prévoit vraiment le futur modèle français d’aide à mourir
Le projet de loi sur la fin de vie présenté par l’exécutif ne crée pas un droit automatique à mourir. Il s’adresse à des adultes atteints d’une maladie grave et incurable, au pronostic vital engagé de manière irrémédiable, avec des souffrances que les soins ne calment plus, en complément de la loi Claeys-Leonetti. La demande devra être écrite, libre et réitérée. Une collégialité médicale très stricte est prévue : au moins deux médecins, dont un spécialiste sans lien hiérarchique, et un professionnel paramédical examineront chaque dossier. Un délai de 48 heures existera avant l’instruction, puis jusqu’à 15 jours d’évaluations clinique et psychiatrique. La décision, motivée et inscrite au dossier, restera médicale : un seul veto d’un médecin suffira à refuser l’aide à mourir, ce qui protège les soignants sur le plan pénal et déçoit ceux qui rêvent d’un droit opposable.
La dernière bataille politique de Line Renaud
À 97 ans, l’artiste continue de pousser pour que le texte soit adopté rapidement. Elle a co-signé une tribune avec Gabriel Attal pour soutenir le projet et, sur RTL, elle a défendu l’idée qu’"il vaut mieux partir" que subir des souffrances sans issue. Pour celle qui a déjà établi qui héritera de sa villa, ce combat n’est plus théorique : la loi qu’elle a contribué à déclencher pourrait un jour encadrer sa propre fin de vie. Dans les coulisses de ce débat ultra sensible, l’itinéraire de Line Renaud et la promesse de Emmanuel Macron éclairent la façon dont une figure populaire a réussi à imposer la question de la mort choisie au sommet de l’État français.



