"C'était un ivrogne" : les confidences déroutantes d'un ancien proche de Johnny Hallyday sur ses addictions

La disparition de Johnny Hallyday continue de faire surgir des souvenirs très personnels chez ceux qui ont longtemps partagé son quotidien. Michel Mallory appartient à ce cercle restreint. Auteur-compositeur et ami du chanteur pendant près d'un demi-siècle, il a pourtant attendu plusieurs années avant de raconter leur relation.
Michel Mallory, un ancien proche du Taulier, se confie sur le quotidien du chanteur
Dans son livre La véritable histoire de La musique que j'aime, paru en mars aux Éditions Talent et préfacé par David Hallyday, il revient sur une amitié marquée par la musique, les voyages et les fragilités d'une star qu'il connaissait loin des projecteurs. À 85 ans, Michel Mallory explique dans Corse-Matin du 16 août 2026 pourquoi il était resté silencieux après la mort de Johnny. Le parolier ne souhaitait pas participer au "cirque médiatique insupportable" qui avait suivi la disparition de son ami. Ce sont finalement certains récits consacrés aux excès du rockeur qui l'ont décidé à parler. Il dénonce notamment "d'odieux personnages qui voulaient faire le buzz en disant du mal de lui et qui racontaient que c'était un camé". Une présentation de Johnny Hallyday qu'il conteste fermement.
"J'ai senti qu'il était temps de prendre la parole"
Michel Mallory livre alors une précision particulièrement directe sur les addictions du chanteur : "Je peux vous le dire, c'est faux. C'était un ivrogne mais pas un drogué. J'ai senti qu'il était temps de prendre la parole pour le défendre et raconter qui il était vraiment. Et puis ce livre m'a aidé à faire mon deuil, en me ramenant vers une période plus claire, plus lumineuse de sa vie", confie-t-il. Derrière cette formule brutale, son objectif reste donc de défendre la mémoire de celui avec lequel il a notamment créé La musique que j'aime, sorti en 1973. Leur histoire commune dépasse largement les studios d'enregistrement. Pour travailler sur ce morceau aux accents blues, les deux hommes s'étaient rendus au Royaume-Uni durant l'hiver. L'année suivante, Michel Mallory avait emmené Johnny Hallyday en Corse avec Sylvie Vartan et leur fils David. L'île avait profondément séduit le chanteur : "Fut un temps, il voulait même être enterré à Monticello", révèle son ancien complice.
Un chanteur aux excès mais pudique sur ses sentiments
Lorsqu'il évoque sa personnalité, Mallory décrit un homme contradictoire, capable d'être "pudique, sentimental, menteur, taiseux, séducteur, extrêmement généreux" et doté, selon lui, d'un immense charme. Un souvenir datant de 2016 illustre particulièrement cette dualité. À Bruxelles, quelques heures avant un concert, Michel Mallory retrouve Johnny Hallyday dans sa chambre d'hôtel et découvre un homme extrêmement éprouvé. Johnny aurait simplement glissé à son ami : "Je ne sais pas ce qu'ils me trouvent". Une réaction qui l'avait profondément marqué. Quelques heures plus tard, le chanteur avait pourtant retrouvé toute sa puissance devant son public : "Il a fait le concert de sa vie, avec une énergie folle. Il m'a fait pleurer à chaudes larmes. C'était ça, Johnny", se souvient Michel Mallory. C'est précisément cette facette qu'il souhaite aujourd'hui transmettre, loin des récits uniquement centrés sur les excès.



