Émilie Tran Nguyen : "Je n'aime pas les Marrons", recalée par un garçon, son premier chagrin d'amour sur fond de racisme

Émilie Tran Nguyen : "Je n'aime pas les Marrons", recalée par un garçon, son premier chagrin d'amour sur fond de racisme

Par Nextplz

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Bien avant de devenir l'un des visages incontournables de France Télévisions, Émilie Tran Nguyen a dû composer avec des remarques sur ses origines et sa couleur de peau. Invitée de l'émission La Face Katché pour Yahoo en juin 2024, la journaliste s'était confiée avec sincérité sur son enfance, ses premiers complexes et les stéréotypes auxquels elle a été confrontée. Parmi ses souvenirs les plus marquants, elle évoquait un premier chagrin d'amour qui l'a profondément bouleversée.

Un premier amour qui se termine par une phrase blessante

Alors qu'elle n'était qu'en classe de CP, Émilie Tran Nguyen tombe amoureuse d'un petit garçon prénommé Damien. Après avoir trouvé le courage de lui avouer ses sentiments, elle reçoit alors une réponse aussi inattendue que douloureuse : « Je n'aime pas les Marrons ». Une phrase, prononcée avec l'innocence de l'enfance, mais porteuse de préjugés, marque durablement la future journaliste. De quoi changer son comportement pendant de longues années. « À partir de ce moment, je n'ai plus jamais abordé un copain », confiait-elle, expliquant avoir craint d'être sans cesse renvoyée à sa différence.

Des stéréotypes présents dès l'enfance

Née à Marseille d'un père vietnamien et d'une mère algérienne, Émilie Tran Nguyen a grandi à Clermont-Ferrand, où ses parents tiennent un restaurant asiatique. Dès son plus jeune âge, elle a ainsi entendu des remarques caricaturales sur les personnes d'origine asiatique, comme « bol de riz », « chinetoque » ou encore les clichés selon lesquels « tous les Asiatiques mangent des chiens ou des chats ». À l'époque, elle expliquait pourtant ne pas toujours mesurer la portée de ces paroles. Dans la cour de récréation, elle préférait souvent répondre avec humour ou curiosité. Derrière cette apparente légèreté se cachait toutefois un sentiment diffus de ne pas être tout à fait comme les autres.

Une quête d'identité au fil des années

La journaliste se souvient également avoir demandé au Père Noël une poupée à la peau marron afin de mieux s'identifier. Un détail qui illustre son besoin de trouver des modèles lui ressemblant. Élevée dans une famille ouverte, sans pratique religieuse, elle découvrait seulement à l'adolescence les origines algériennes de sa mère. Une révélation qui a nourri progressivement une réflexion plus large sur son identité. Des années plus tard, elle a même entrepris un voyage en Algérie afin de mieux comprendre cette partie de son histoire familiale.

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