Flavie Flament : "Aujourd'hui plus que jamais", elle espère un procès après ses accusations contre Patrick Bruel

Flavie Flament ne veut plus seulement témoigner dans les médias. L’animatrice, qui accuse Patrick Bruel de l’avoir violée en 1991 après une soumission chimique alors qu’elle avait 16 ans, affirme désormais : "Aujourd’hui, plus que jamais, je veux aller dans le bureau d’un juge d’instruction et qu’on entende la jeune fille que j'étais." Dans la revue La Déferlante, elle résume son objectif par une formule martelée : "Je rêve d’un procès." Cette détermination place le duo au cœur d’un dossier judiciaire complexe, marqué par la question de la prescription et la multiplication des plaintes visant le chanteur. "J’espère être entendue", insiste-t-elle. Reste à savoir si la justice lui ouvrira réellement la porte du procès qu’elle appelle de ses vœux.
D'"Eva" à Flavie Flament, la fin de l’anonymat
Dans l’enquête de Mediapart, Flavie Flament apparaissait d’abord sous le pseudonyme "Eva", l’une des quinze femmes à mettre en cause Patrick Bruel. "Les médias n’ont pas parlé des quinze femmes, dont j’étais, sous le pseudonyme d’Eva, qui ont témoigné dans l’article de Mediapart", regrette-t-elle dans La Déferlante, où elle échange avec l’historienne Laure Murat, autrice de Une révolution sexuelle ? Réflexions sur l’après-Weinstein. Face à cette invisibilité, elle a choisi de se nommer.
"Pour aller au combat, il fallait quelqu’un qui porte les armes dont Patrick Bruel est lui-même muni : la notoriété, la puissance médiatique", explique-t-elle encore. "Je suis sortie de l’anonymat pour qu’on entende toutes les victimes." Cette posture s’inscrit dans la continuité de son engagement depuis ses accusations contre le photographe David Hamilton, qu’elle avait déjà publiquement mis en cause avant sa mort.
Ce qu’elle reproche au chanteur et ce qu’elle attend d’un juge
Flavie Flament accuse Patrick Bruel de l’avoir agressée sexuellement et violée en 1991, après une soumission chimique, alors qu’elle était mineure. Elle dit vouloir que ces faits, racontés depuis plusieurs mois, soient désormais examinés par un magistrat : "Aujourd’hui, plus que jamais, je veux aller dans le bureau d’un juge d’instruction et qu’on entende la jeune fille que j’étais." Pour elle, l’enjeu dépasse son seul cas : "Je rêve d’un procès" où toutes les victimes seraient entendues.
La question de la prescription reste centrale, les faits remontant à plus de trente ans. Flavie Flament avance une possible voie judiciaire, comme le rapporte le quotidien people Voici : "Dans le cadre d’agressions en série, il pourrait être possible de faire tomber la prescription. Ainsi, les victimes pourraient être entendues." Elle mise donc sur la multiplicité des témoignages autour de l’affaire Patrick Bruel pour ouvrir une fenêtre judiciaire malgré l’ancienneté des faits.
Une affaire sous pression et la défense de Patrick Bruel
Le dossier s’est alourdi ces derniers mois. Deux nouvelles plaintes ont été déposées les 16 et 23 juillet, l’une pour un viol supposé à l’automne 1994, l’autre pour une agression sexuelle présumée au printemps 2005. Depuis la mi-juin, six autres femmes ont porté plainte pour viol, tentative de viol ou agression sexuelle, tandis que treize femmes supplémentaires ont dénoncé des faits plus anciens, certains prescrits. Patrick Bruel est mis en examen dans quatre dossiers et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres.
Le chanteur conteste fermement : "Jamais je n’ai forcé aucune femme", assure-t-il, selon les colonnes du Midi Libre, ajoutant "Jamais je n’ai drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit" et "Je ne me suis jamais servi de ma notoriété pour abuser de quiconque et obtenir des relations non consenties". Il a également déclaré : "Je répondrai de ces accusations, que je conteste fermement, dans le seul cadre pertinent et adapté : la justice." Il demeure, à ce stade, présumé innocent.



