Franco-algérienne, Isabelle Adjani se positionne sur le voile et l'islam : "La chaîne la plus lourde que l'humanité ait jamais portée"

Il y a des visages qui impriment l’écran pour toujours. Depuis plusieurs décennies, Isabelle Adjani n’est pas seulement une actrice, elle est une légende vivante du cinéma français. Après ses buts dans Le Petit Bougnat, cette dernière a connu une ascension fulgurante. Un chemin jalonné de succès, comme le témoignent ses cinq César de meilleure actrice. Un record absolu difficile à atteindre. De la fureur incandescente de La Reine Margot à l’autodérision dans Dix pour cent, Isabelle Adjani traverse les époques sans jamais perdre de sa superbe. Récemment, elle a encore ébloui le public dans Mascarade ou encore Soleil Noir. En plus de briller à l’écran, l’actrice a également marqué les esprits pour ses prises de position franches.
Une actrice particulièrement engagée
Isabelle Adjani force le respect par son talent, mais aussi pour son engagement. En effet, cette dernière ne manque jamais une occasion de défendre une cause qui lui tient à cœur. Sans embrasser la politique, cette dernière apporte son soutien. Un militantisme qui se manifeste surtout à travers des prises de parole publiques. Comme observé ces dernières années, afin d’exprimer tout son soutien aux femmes d’Iran.
Après la mort de la jeune étudiante de 22 ans arrêtée par la police pour avoir enfreint le code vestimentaire strict du pays, la septuagénaire n’avait pas mâché ses mots. “Ce n'est pas nous qui allons changer la politique des mollahs et les ramener à une raison humaine, explique Isabelle Adjani. Même si ce que nous faisons avec une paire de ciseaux est strictement symbolique, qu'on ne risque rien, qu'on n'est pas dans la rue, on est là. On est là et on envoie aux Iraniennes un message qui peut leur apporter un peu de force dans un combat qui dépasse l'entendement du courage.”
Isabelle Adjani sans détour sur le voile et l’islam
Face à la situation tendue en Iran, Isabelle Adjani n’avait pas manqué d’agir à sa façon. En effet, l’actrice avait décidé de se couper une mèche de cheveux afin de soutenir le mouvement de contestation. Un geste effectué par de nombreuses personnalités comme Marion Cotillard, Muriel Robin, Jane Birkin, Mélanie Laurent ou encore Juliette Binoche. Mais celle qui a été accusée de fraude fiscale ne s’était pas arrêtée là. En effet, alors que les manifestations contre le régime se poursuivaient, l’ancienne compagne d’André Dussollier a une nouvelle fois pris la parole. Sur Franceinfo, la septuagénaire n’avait pas caché sa frustration. Pour cette dernière, il était impossible de “ne pas entendre l’appel” des femmes iraniennes. “Ce combat me donne envie d'attendre des femmes qui portent le voile de l'enlever, dans le monde entier, par solidarité pour celles qui se font tuer, massacrer, en faisant ce geste”, avait-elle justifié.
“Il n'y a jamais eu autant de gens psychiquement dérangés”
Isabelle Adjani porte fièrement l’étiquette d’une femme engagée. Une célébrité qui ne manque pas de prendre la parole afin de défendre les causes qui lui tiennent à cœur. Il était donc naturel pour l’actrice de s’exprimer face aux manifestations. Mais après le soutien obtenu lorsqu’il fallait couper une mèche de cheveux, certaines s'attendaient à voir de nombreuses femmes enlever leur voile. Ce qui n’a pas été le cas. Laissant penser que les convictions de cette dernière font écho à une pensée que certains jugent fossilisée. Celle des grandes batailles des années 70.
Un peu comme celui d’une Benoîte Groult qui, en 1975, dans son célèbre livre Ainsi soit-elle, avait repris à son compte, pour dénoncer la condition de la femme en pays musulman, la citation d’Ernest Renan. “L’islam est la chaîne la plus lourde que l’humanité ait jamais portée.” Malgré tout, ce n’est pas cela qui va empêcher l’actrice de continuer à mener son combat. Une bataille qui, pour elle, semble déjà perdue. “Je me sens mal. Le monde va mal, il n'y a jamais eu autant de gens psychiquement dérangés, de cas psychiatriques au pouvoir dans autant de pays et en même temps. Il est très difficile de parvenir à vivre le monde comme un endroit qui vous sécurise, qui vous protège et qui vous donne de l'espoir”, avait-elle confié à franceinfo.



