Gérard Darmon : "Sale juif, rastaquoère, métèque !" Le chanteur franco-marocain de 78 ans en proie à des propos antisémites

Gérard Darmon : "Sale juif, rastaquoère, métèque !" Le chanteur franco-marocain de 78 ans en proie à des propos antisémites

Par Nextplz

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Acteur incontournable du cinéma et de la télévision française, Gérard Darmon s'est imposé au fil des décennies grâce à des rôles devenus cultes. Derrière cette carrière jalonnée de succès se cache pourtant une histoire personnelle beaucoup plus douloureuse. En 2022, le comédien s'était livré avec une grande sincérité sur les blessures de son enfance, marquée par des propos racistes et antisémites qui l'ont profondément marqué.

Une enfance marquée par les insultes et les préjugés

Né à Paris le 29 février 1948 de parents berbères juifs originaires d'Algérie, Gérard Darmon a grandi dans le 14ᵉ arrondissement de la capitale. Dès son plus jeune âge, il développe une passion pour le théâtre et découvre ses talents de comédien grâce à l'émission radiophonique Quitte ou double. Toutefois, derrière cette vocation naissante, le jeune garçon évolue dans un contexte encore fortement marqué par les traumatismes de l'après-guerre. C’est ainsi lors d'un entretien accordé à Face Katché de Yahoo en juin 2022 que celui qui a été mis en cause en 2024 par plusieurs femmes pour des violences sexuelles et sexistes qu’il a niées catégoriquement révélait que sa famille avait préféré ne pas déclarer son second prénom, Élie, par crainte des discriminations. Une décision qui illustrait la peur persistante ressentie par de nombreuses familles juives quelques années seulement après la Seconde Guerre mondiale.

« Sale juif », « métèque » : des blessures qui ne se referment pas

À l'école, Gérard Darmon raconte avoir été régulièrement pris pour cible. Alors qu'il enviait son meilleur ami blond aux yeux bleus, lui devait faire face à des insultes telles que « sale juif », « métèque » ou encore « rastaquouère ». Si ces attaques verbales ne furent pas quotidiennes, elles ont laissé une empreinte durable dans sa mémoire. Cependant, les violences ne se sont pas limitées aux mots. L'acteur expliquait également avoir subi des agressions physiques. Un soir, en rentrant chez lui, ses parents ont remarqué plusieurs bosses sur son crâne en lui caressant les cheveux. C'est à ce moment-là qu'il a décidé enfin de raconter ce qu'il vivait en mettant des mots sur une souffrance qu'il gardait jusque-là pour lui.

Un message contre les amalgames

Malgré ces souvenirs douloureux, Gérard Darmon refusait de dresser un portrait caricatural de la société française. Selon lui, il existe bien des personnes profondément antisémites, mais il estimait qu'il ne fallait pas réduire tout un pays à ces comportements haineux. Le comédien rappelait ainsi que la France compte aussi de nombreuses personnes accueillantes, solidaires et bienveillantes. Un discours nuancé qu'il tenait à défendre, convaincu que les généralisations ne font qu'alimenter les divisions.

Une réflexion toujours d'actualité

Au cours de cet entretien, Gérard Darmon s'était également adressé aux auteurs de ces actes de haine avec une formule qui avait marqué les esprits. Selon lui, ces individus sont avant tout guidés par la bêtise, qu'il qualifiait d'« arme absolue ». Une réflexion qui, plusieurs années après cette interview, continue de résonner dans un contexte où les questions de racisme et d'antisémitisme demeurent au cœur du débat public.

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