"Je ne suis pas Patrick Bruel", Nicolas Sarkozy fulmine au procès Bygmalion, "jamais personne ne m'a cité…"

L'ancien président de la République a fait face aux juges du tribunal correctionnel de Paris le 15 juin 2021 dans le cadre du procès Bygmalion. Poursuivi pour financement illégal de campagne lors de l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a en effet répondu pendant plusieurs heures aux questions de la présidente, affichant une assurance intacte et une certaine irritation face aux interrogations portant sur son rôle dans l'organisation de sa campagne.
Nicolas Sarkozy nie toute connaissance du système Bygmalion
Dès le début de son audition, l'ancien chef de l'État a tenu à se démarquer du système de fausses factures qui aurait permis de masquer un important dépassement des dépenses électorales autorisées. Face aux magistrats, il a en effet affirmé n'avoir jamais eu le moindre contact avec la société Bygmalion ni avec les prestataires chargés de l'organisation des meetings. « Je n'ai rencontré aucun prestataire ni en 2007, ni en 2012 », a-t-il ainsi déclaré avec fermeté. Avant d'ajouter : « Jamais, jamais personne ne m'a cité le nom de Bygmalion. » Une chose est certaine, pour l'accusation, même si aucune preuve directe ne démontre son implication dans la mise en place du système, Nicolas Sarkozy aurait néanmoins bénéficié de ce mécanisme en multipliant les rassemblements de campagne sans se préoccuper des conséquences budgétaires. Une thèse que l'ancien président rejette catégoriquement.
Une campagne présidentielle menée à un rythme effréné
Interrogé sur le nombre particulièrement élevé de meetings organisés durant la campagne de 2012, Nicolas Sarkozy a défendu une stratégie qu'il jugeait parfaitement normale dans le cadre d'une élection présidentielle. Selon lui, toute campagne connaît en effet une accélération à mesure que l'échéance approche. « Je n'ai jamais vu une campagne qui ne s'accélère pas », a-t-il lancé devant le tribunal. L'ancien président a également insisté sur le fait que ses préoccupations étaient essentiellement politiques et non logistiques. Son objectif principal consistait à convaincre les électeurs et à rassembler sa famille politique, non à surveiller les dépenses ou les contrats passés avec les prestataires.
La référence inattendue à Patrick Bruel
C'est toutefois une remarque inattendue qui a particulièrement retenu l'attention des observateurs présents dans la salle d'audience. Questionné sur son éventuelle intervention dans l'organisation technique des meetings, Nicolas Sarkozy a en effet répondu avec une pointe d'ironie. « En 2012, je n'ai pas besoin d'un prestataire, ma préoccupation c'était une bonne sono. Je leur ai dit : ne me faites pas me casser la voix. Je ne suis pas Patrick Bruel, c'est tout ce que je donnais comme consigne », a-t-il déclaré. Une référence au célèbre chanteur qui a provoqué quelques sourires dans l'assistance, tout en illustrant l'agacement de l'ancien président face à des questions qu'il jugeait éloignées de ses responsabilités réelles.
Des échanges parfois tendus avec la présidente
Au fil de l'audience, la tension est montée à plusieurs reprises entre Nicolas Sarkozy et la présidente du tribunal. Lorsque cette dernière s'est étonnée qu'il n'ait pas remarqué l'explosion des dépenses de campagne, l'ancien chef de l'État a répondu du tac au tac. « Madame, vous êtes présidente de ce tribunal, vous ne savez pas combien coûte cette salle ? », a-t-il rétorqué. Une formule qui résume parfaitement la ligne de défense adoptée ce jour-là : celle d'un candidat concentré sur son rôle politique et totalement étranger aux aspects financiers de son organisation de campagne.



