Jean Gabin : nudité, censure et controverse... 87 ans après, ce rôle sulfureux résonne encore

Les Misérables, Napoléon, La Traversée de Paris, Le Clan des Siciliens, Touchez pas au grisbi… Jean Gabin a profondément marqué l'histoire du cinéma. Véritable monument du septième art français, l'acteur a multiplié les tournages tout au long de sa carrière, pour le plus grand bonheur des spectateurs. En novembre 1976, celui qui s'était aussi illustré dans la chanson s'est cependant éteint des suites d'une leucémie à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Cinquante ans après sa disparition, l'un des rôles les plus emblématiques qu'il a incarnés renaît sur grand écran : Maigret et le Mort amoureux est actuellement à l'affiche.
Le Jour se lève interdit par le régime de Vichy
Au-delà du commissaire Maigret, Jean Gabin a également incarné François dans Le Jour se lève, réalisé par Marcel Carné en 1939. Mais d'après Télé-Loisirs, la sortie du film s'est faite dans un climat polémique. Peu avant son exploitation en salles, l'œuvre a effectivement été frappée d'interdiction par le régime de Vichy, qui la considère comme trop sombre et démoralisante. Il aura fallu attendre 1942 pour qu'elle rencontre enfin le public. Ce succès tardif s'est d'ailleurs accompagné d'une lourde injustice : en application des lois antisémites en vigueur, les noms du directeur de la photographie Curt Courant et du chef décorateur Alexandre Trauner sont retirés du générique.
Une scène estimée contraire aux normes morales de l'époque
Déjà frappé d'interdiction à une période troublée, Le Jour se lève a aussi subi les coupes de la censure. Une scène en particulier a suscité l'indignation. Celle où Clara, la compagne de Valentin incarnée par Arletty, apparaît en train de sortir de la douche, totalement nue. À la fin des années 1930, une telle audace visuelle était jugée inacceptable. Les autorités ont donc exigé la suppression pure et simple de cette séquence, estimée contraire aux normes morales de l'époque, privant ainsi le film d'un moment considéré trop osé pour le public.
Un projet riche en retrouvailles pour Jean Gabin
Malgré la polémique, Le Jour se lève est aujourd'hui considéré comme un film mythique. Il a d'ailleurs marqué la seconde collaboration entre Jean Gabin et Marcel Carné après Quai des brumes en 1938. Le réalisateur, de son côté, retrouvait Jacques Prévert pour le scénario. Ensemble, ils avaient déjà travaillé main dans la main sur plusieurs projets comme Jenny (1936), Drôle de dame (1937) et Quai des brumes. Par la suite, ils se sont revus à plusieurs reprises, notamment pour Les Enfants du paradis (1945).



