Patrick Bruel face aux accusations, son ami Élie Chouraqui brise le silence : "On a tous ce qu’on mérite"

Alors que les accusations contre Patrick Bruel se sont multipliées ces derniers mois, la parole d’un proche vient de s’ajouter au tumulte. Mis en examen pour plusieurs dossiers de violences sexuelles et visé par des dizaines de plaintes, le chanteur de 67 ans prépare pourtant une tournée anniversaire à l’automne, sous une pression politique grandissante. Au micro de la station de radio RTL, le réalisateur Élie Chouraqui, ami de longue date de Patrick Bruel, a choisi de s’exprimer. Il dit son attachement à l’homme qu’il connaît, tout en affirmant son respect pour la justice et pour les femmes qui ont porté plainte, lâchant cette phrase qui fait réagir : "On a tous ce qu’on mérite à un moment donné".
Accusations contre Patrick Bruel : où en est l’affaire ?
Sur le plan judiciaire, l’affaire Patrick Bruel a pris une ampleur inédite. Le quotidien régional La Dépêche du Midi recense au moins 31 plaintes pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, dont 14 considérées comme prescrites, visant des faits entre les années 1990 et 2019. En juin, le chanteur a été mis en examen dans quatre dossiers et placé sous contrôle judiciaire, échappant à la détention provisoire requise par le parquet de Nanterre.
Deux nouvelles plaintes, déposées les 16 et 23 juillet 2026, évoquent un viol présumé à l’automne 1994 et une agression sexuelle supposée en 2005 sur un tournage ; les faits sont prescrits mais s’inscrivent dans la libération de la parole des femmes. La Dépêche rappelle que "la prescription désigne la durée au-delà de laquelle une action en justice, civile ou pénale, n'est plus recevable". Les avocats de Patrick Bruel dénoncent "ces accusations fausses dans le seul cadre pertinent et adapté : la justice, si elle est saisie de ces faits".
Ce qu’a vraiment dit Élie Chouraqui sur RTL
Invité de RTL le 26 août, Élie Chouraqui décrit d’abord l’attachement personnel qui le lie au chanteur, qu’il a dirigé dans son film Ô Jérusalem. "L'amitié, c'est comme l'amour. L'amitié, c'est une chose qui ne s'en va pas", affirme-t-il, avant de distinguer "deux hommes" : "Il y a l'homme dont je lis l'histoire ahurissante dans les médias. Et puis il y a celui que je connais", dit-il, "profondément atteint".
Le réalisateur évoque aussi une "génération de Patrick [...] un peu lourde, un peu compliquée dans leur rapport avec les filles". Tout en disant vouloir le "soutenir", il insiste sur le rôle des juges : "Il sait que si jamais il était jugé et si jamais les faits étaient prouvés, c'est la loi, c'est la vie, c'est comme ça. On a tous ce qu'on mérite à un moment donné." Il se dit "ahuri" par l’affaire, affirme "penser aux femmes qui ont porté plainte" et assure s’"associer à cette douleur", se présentant comme "un amoureux de la vérité" dans l’attente des décisions.
Tournée sous pression et parole des femmes
Cette prise de position intervient alors que la tournée d’automne de Patrick Bruel, prévue du 2 octobre au 21 novembre pour les 35 ans d’Alors regarde, se retrouve contestée. Le maire d'Amiens, Frédéric Fauvet, mais aussi des élus de Chartres, Dijon et Strasbourg demandent au chanteur de renoncer à ses dates "le temps que la justice puisse travailler sereinement".
La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, estime que "les conditions ne sont pas réunies" pour ces concerts et juge qu’il "devrait de lui-même renoncer" à la tournée. Dans ce climat, où des plaintes sont déposées même lorsque les faits sont prescrits, la phrase d’Élie Chouraqui résonne : "Seule l’autorité judiciaire est aujourd’hui à même d’établir les faits dans une affaire constamment polluée par le bruit médiatique", selon la défense du chanteur.



