Raphaël Glucksmann : "On assume ce désaccord fondamental", sa demande au PS contre un accord avec LFI tourne court

Raphaël Glucksmann : "On assume ce désaccord fondamental", sa demande au PS contre un accord avec LFI tourne court

Par Nextplz

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En officialisant sa candidature à la présidentielle 2027 le 23 août, Raphaël Glucksmann a choisi la rupture nette avec La France insoumise. "Je suis extrêmement clair: si je gagne cette primaire, il n'y aura plus jamais d'accord avec Jean-Luc Mélenchon", a lancé le chef de Place publique, alors que Jean-Luc Mélenchon est donné à 15 % des intentions de vote contre 10-11 % pour lui sur l’espace social-démocrate. Derrière cette formule, l’eurodéputé en couple avec Léa Salamé voulait inscrire noir sur blanc, dans une charte des valeurs commune avec le Parti socialiste, l’exclusion de "toute forme d’accord avec LFI", y compris aux législatives. Le PS a refusé cette clause, provoquant la réaction cinglante de son entourage : "Ils ont fait retirer ce passage. On assume ce désaccord fondamental avec Olivier Faure. C'est aussi ça l'objet de la primaire."

Raphaël Glucksmann officialise une rupture assumée avec LFI

L’eurodéputé s’était donné trois mois pour convaincre le camp social-démocrate avant de se déclarer. La primaire PS-Place publique, prévue les 10-11 et 17-18 octobre, devient désormais le théâtre de cette stratégie : "La seule manière de la gauche de revenir au pouvoir, c'est d'être absolument claire (...) il faut arrêter d'avoir peur de Jean-Luc Mélenchon", a-t-il martelé lors de son annonce, selon BFMTV.

Il appelle en même temps "ceux qui se sentent trahis ou abandonnés par la gauche" à rejoindre ce processus de départage. Pour ancrer son image de candidat de l’écologie réformiste, il effectuera dès mardi un premier déplacement à Andilly, en Charente-Maritime, sur le thème de l’éolien, accompagné de l’ancien candidat écologiste Yannick Jadot, qui a annoncé son ralliement au président de Place publique.

Primaire PS-Place publique : le rapport de force autour de l'accord LFI

Le dispositif retenu par les militants socialistes le 9 juillet repose sur une primaire fermée, réservée aux adhérents du PS, de Place publique et d’un nouveau "pôle social-démocrate". Pour participer, il faudra s’acquitter d’une cotisation de 15 euros, ou 10 euros pour les plus modestes. Le député Philippe Brun et Ségolène Royal ont dénoncé un suffrage "censitaire", quand le sénateur Alexandre Ouizille rappelle que les inscrits "deviendront des militants de notre campagne".

Les deux tours doivent se tenir en octobre, avec une date limite de candidature fixée au 15 septembre. L’accord d’organisation doit être entériné le 25 août par un conseil national du PS, pendant qu’une assemblée politique de Place publique se prononcera aussi. Ce corps électoral restreint, issu d’un parti largement traversé par les anti-Faure, est perçu comme plutôt favorable à la ligne portée par Raphaël Glucksmann face au premier secrétaire.

La charte des valeurs, cœur du désaccord avec Olivier Faure

Le texte proposé par Place publique met en avant des engagements sociaux, écologiques, internationaux – avec un soutien explicite à l’Ukraine – et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il exclut surtout "toute forme d’accord avec LFI""Cette charte définit notre identité et notre périmètre politique. Il s'agit de poser des bases durables, claires et solides de la refondation de la gauche écologiste et démocrate", insiste Jérôme Auslender, qui affirme, d'après les colonnes de 20 Minutes, qu’il n’est "pas question de refaire le Nouveau Front populaire".

Le Parti socialiste a pourtant fait retirer la mention anti-LFI, ce qui cristallise le bras de fer avec Olivier Faure, artisan du rapprochement avec les Insoumis lors des précédentes alliances. Pour la direction socialiste, conserver une marge de manœuvre locale, notamment face à l’extrême droite, reste un enjeu. Pour beaucoup d’électeurs, la séquence "Raphaël Glucksmann accord LFI" devient au contraire un marqueur de clarté. La primaire d’octobre s’annonce comme un référendum interne sur cette ligne, alors même que la gauche se prépare déjà aux législatives de 2027.

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