Sonia Mabrouk (45 ans) en pleine "messe en latin" : sa "vigueur" de l'islam et sa trajectoire spirituelle font réagir

La figure médiatique de CNews et d'Europe 1, Sonia Mabrouk prend tout le monde à contre-pied avec son essai Reconquérir le sacré. Celle que l'on identifie souvent à une ligne républicaine ferme sur sa laïcité a surpris plus d'un en défendant une spiritualité assumée. En effet, entre hommage personnel, méditation sur la transcendance et la réflexion civilisationnelle, elle révèle une facette intime jusqu'ici peu connue par le grand public.
Une ode au mystère et à la transcendance
Dans son livre publié aux éditions de l'Observatoire, Sonia Mabrouk invite à retrouver un lien avec l'invisible. "Soyons de nouveau perméables à l'invisible, au mystère et au sublime", a-t-elle écrit. Dans cet ouvrage paru en 2023, elle y défend la place du sacré dans nos sociétés désenchantées, convoquant ainsi bien Ernst Jünger que Frédéric Lenoir.
Musulmane de naissance, elle raconte son émotion face aux voix de muezzins à Tunis ou Istanbul. Et ce, tout en étant pour le retour de la messe en latin, perçue comme "expression d'un sacré de rituels et de pièces musicales multiséculaires". Le propos de celle qui s'est confiée sur sa foi en l'islam surprend dans un paysage médiatique souvent marqué par les lignes idéologiques claires, pourtant, elle s'en défend.
Une posture qui clive
Saluée par une partie de la droite intellectuelle, notamment par François-Xavier Bellamy, qui voit dans son livre une réflexion essentielle sur "nos repères communs". Par ailleurs, Sonia Mabrouk, qui défend ses convictions laïques, est aussi accusée de se conformer à la ligne éditoriale conservatrice du groupe Bolloré.
Une critique qu'elle a balayée : "Je suis depuis treize ans à Europe 1. J'ai gravi les échelons avec les dents un à un. Je ne suis l'égérie de personne. Je suis loyale à mes employeurs, mais je ne dois mon parcours et mes livres qu'à moi." Son image publique a toujours cristallisé des visions opposées. Muse identitaire pour certains et intellectuelle ambiguë pour d'autres. "Hélas, je pense qu'elle pense ce qu'elle dit…", confiait un ancien collègue, entre scepticisme et résignation.
Un deuil fondateur au cœur de son engagement
À l'origine de cette démarche, un drame personnel : la perte de sa mère évoquée avec pudeur et émotion dans son livre. "Enveloppée dans un drap blanc immaculé, un léger sourire sur ses lèvres… ma mère irradiait le sacré." Un bouleversement qui a ravivé ses racines tunisiennes. "Ce décès l'a rapprochée de ses origines", témoigne Charles Villeneuve. Ce lien profond avec l'intime éclaire sans doute la force de son visage spirituel, bien au-delà des postures médiatiques.



