Vers une suppression des aides sociales ? Le plan draconien à 120 milliards d'Éric Ciotti pour "sauver le pays"

À Nice, la rentrée scolaire 2026 s’accompagne d’un changement qui touche directement les familles. Fin août, Éric Ciotti va acter l’arrêt du dispositif municipal permettant à quelque 22 000 élèves du primaire de recevoir gratuitement leurs fournitures scolaires.
Éric Ciotti supprime les fournitures scolaires gratuites
Héritée de l’ère Estrosi, cette mesure disparaît au nom d’un coût considéré comme trop important, de doublons avec l’allocation de rentrée scolaire et d’une augmentation des crédits pédagogiques. À droite comme à gauche, des opposants dénoncent pourtant une économie susceptible de peser sur le budget des parents. Cette décision locale fait écho aux orientations budgétaires défendues par Éric Ciotti au niveau national, dévoilées dans le JDD. En septembre 2025, le président du groupe UDR à l’Assemblée nationale avait adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu pour présenter un contre-budget particulièrement ambitieux : "La France est au bord du gouffre financier", affirmait-il, évoquant une dette de 3 345 milliards d’euros, représentant 114 % du PIB. Il estimait que l’absence de décisions rapides pouvait menacer "la cohésion sociale et la stabilité de la nation". Son objectif était alors spectaculaire : "Réaliser 120 milliards d’euros d’économies structurelles".
120 milliards d'économies
Pour atteindre cette somme, Éric Ciotti envisageait des transformations dans de nombreux domaines, dont la politique sociale. Il ne proposait toutefois pas une disparition générale des aides sociales. Son projet prévoyait notamment une "Allocation sociale unique plafonnée", ainsi que des réformes de l’assurance chômage et de la formation professionnelle, évaluées chacune à cinq milliards d’euros d’économies. La suppression du service civique devait, selon ses calculs, économiser 500 millions supplémentaires. L’immigration constituait également un important volet du programme, avec 19,5 milliards d’euros d’économies annoncées. Éric Ciotti souhaitait supprimer les prestations non contributives versées aux étrangers et conditionner certaines aides contributives à "trois années de travail effectif en France".
L'immigration : un sujet qu'il veut national
Il proposait parallèlement de transformer l’Aide médicale d’État en "Aide médicale d’urgence", de réduire plusieurs financements consacrés à l’accueil et de mettre fin aux titres de séjour pour soins. La lutte contre les fraudes sociale et fiscale devait, elle, dégager 20 milliards. Les économies envisagées ne se limitaient pas aux prestations. Éric Ciotti proposait de diminuer de sept milliards la contribution française au budget de l’Union européenne et de diviser par deux l’aide publique au développement. Dans l’énergie, il voulait supprimer certains soutiens aux renouvelables et tarifs de rachat. Une réforme territoriale ramenant l’organisation à deux échelons, la privatisation de l’audiovisuel public, la suppression des CESE et CESER ainsi que la réduction d’agences de l’État figuraient aussi dans son projet. Enfin, des cessions de participations publiques, une réduction du patrimoine immobilier de l’État et la suppression de niches fiscales jugées inefficaces devaient compléter l’ensemble.



